Madagascar: vas-y, vasaha !

Les années avaient passé et Philippe était resté désespérément seul. Autour de lui, tous ses copains – et Dieu sait s’il en avait : Dédé le garagiste, Jeannot le mécano, François l’assureur, Jacquou le négociant en pinard, tous les potes, quoi – étaient mariés, chargés d’enfants et de petits enfants. Voilà-t-il pas qu’en 2014, par le plus grand des hasards, notre ermite batracien découvre Meetic et les résosocios. Merveille des merveilles, Filou peut enfin s’avancer masqué, nouer des relations féminines solides. Et ça marche !

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Otto, un pharmacien blindé

Il émanait de cet étrange individu comme une impression générale de calme, de sérénité souriante, bienveillante mais si lointaine, à vous en donner le vertige. Et pourtant, en l’examinant bien dans les yeux, j’ai soudain cru découvrir quelque chose d’insolite, de presque inquiétant, comme l’émanation d’une force obscure, d’une fantastique puissance inattendue et contenue.

En réalité, il était trop beau pour être vrai. Trop exact dans son rôle si bien léché. Il y avait autre chose derrière son regard moqueur. Mais quoi donc ?

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S’il te plaît, dessine-moi les Maldives !

J’ai vécu seul ! Sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à ce vol de Colombo en direction des Maldives. C’était il y a bientôt 33 ans.

Rien ne s’était cassé dans mon moteur – encore heureux – et comme je n’avais pas avec moi de mécaniciens mais de nombreux passagers, tous italiens, je me préparais à réussir tout seul une semaine d’exploration sous-marine aux Maldives.

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Roger Gloaguen

Avec Roger aux Marquises

Nous avons couru de concert quelques péripéties aventureuses, dont deux faillirent bien nous être fatales, l’une à Djibouti, l’autre dans notre cher archipel des Marquises.

Le souvenir marquant que je garderai de Roger restera celui d’un homme d’une honnêteté scrupuleuse, d’une constante et réelle fidélité et aussi, peut-être, d’une trop grande retenue affective.

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Bernard Le Bossé

A ce cher vieux Bernard, mon fidèle compagnon de voyage

Gonfle-toi vers la nuit Ô Mer Les yeux des squales
Jusqu’à l’aube ont guetté de loin avidement
Des cadavres de jours rongés par les étoiles
Parmi le bruit des flots et les derniers serments

Guillaume Apollinaire

Oh joies ineffables et divines des grands départs que nous avons connues quand nous partions pour d’improbables horizons, avec l’allégresse coupable de fuyards, à cette époque lointaine où le voyage était encore une Grande Aventure !

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Te Ara Tapu

D’un comportement ombrageux, dès que je tentais de caresser sa nuque, elle rentrait la tête dans les épaules, en émettant un soufflement furibard. Moins d’une demi-heure plus tard, rassasiée de concombres, de laitues, et même parfois d’une mangue découpée en quartiers, elle finissait enfin par tolérer sur son dos mes 80 kilos.

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Ulysse et Nausicaa

Nous allons l’appeler Ulysse mais c’est Ulysse à la parole ailée. Et notre Ulysse est beau, diablement beau même ! Une épaisse chevelure blonde dévale en boucles drues de marée montante sur un front large et puissant. Il émane de son regard de fauve comme une chaude lumière de soleil levant. On dirait de l’or liquide qu’un emportement soudain peut d’ailleurs strier de vert mais ça, c’est une autre histoire !

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Marc Perret

Marc Perret (au centre), administrateur des Marquises

J’ai connu Marc Perret en 1967, au Marquises. En provenance de Mururoa, un bâtiment militaire m’avait déposé pour quelques jours sur l’île de Nuku-Hiva, où Marc Perret officiait comme administrateur territorial. Je devais repartir quelques jours plus tard pour Papeete, à bord d’un autre bateau militaire. Cette brève escale nous permit d’ébaucher une belle amitié, qui ne s’est terminée qu’avec sa disparition, bien des années plus tard.

Entre-temps, Marc Perret avait été nommé administrateur, à Port-Vila, d’un territoire appelé à quitter bientôt le giron de la France: les Nouvelles-Hébrides. Sachant que j’était rentré en France, Marc Perret m’adressa une très belle lettre, dans laquelle il me rappelait notre amitié et me suggérait de le rejoindre en tant que médecin militaire.

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Un naufrage surréaliste à Baden-Baden

Passent les mois et passent les années. Il y a maintenant si longtemps que nous fréquentons cette ville ! Aussi, j’estime que nous pouvons légitimement prétendre aujourd’hui en être les citoyens. C’est vrai ! Au cours de ces quarante-cinq dernières années, nous avons là-bas acquis nos habitudes.

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Xavier Hénaff

XAVIER ! Xavier ! Mon cher vieil ami !

Xavier Hénaff « mis en scène » par Raoul dans la brousse d’Audierne…

Comme vous allez me manquer ! Quand je pense que je n’ai même pas eu le droit de vous adresser un ultime adieu ! Vous, un initié d’autrefois, en compagnie duquel je marchais de conserve, depuis soixante-deux ans. Et qui m’ouvrit les portes d’une certaine connaissance.

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Pavane pour un Paradis perdu

C’est une histoire curieuse, et un peu particulière que je vais vous raconter ce soir ! Je vais d’ailleurs commencer par vous poser une question. Pourquoi éprouve-t-on inexplicablement un sentiment d’amitié pour quelqu’un ? Un sentiment aussi spontané que soudain ?

Loin de moi l’idée de ramener le vieux poncif de Montaigne à La Boétie : « Parce que c’était LUI, parce que c’était MOI ! » Et pourtant, cette absence de définition n’est-elle finalement pas la meilleure ?

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Un boutre en mer Rouge

Mes parents étaient des voyageurs de naissance et d’instinct… Mais des voyageurs pressés qui confondaient la Terre et le Vent. Ils ont, l’un comme l’autre consacré leur existence au travail. Affligés, comme on pouvait l’être à l’époque, d’un train de maison aussi indispensable que fastidieux et pervers, leurs départs pour des contrées qui nous paraissaient lointaines s’avéraient héroïques, et leurs retours pénibles.

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Grand Canyon du Colorado

A Pierre-Louis et à ses sœurs Faustine et Charlotte

Mes chers enfants,

Vous allez devoir vous acquitter d’une nouvelle dette de reconnaissance envers vos parents. En effet, que viens-je d’apprendre ? Qu’ils vont vous offrir l’une des sept merveilles naturelles de la nature…

J’ai dit : « LE GRAND CANYON DU COLORADO »

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Staline et Joukov

J’avais autrefois un vieil ami qui vivait à Moscou et qui, grâce à ses occupations souterraines, fréquentait beaucoup la « Nomenklatura ». Je l’avais totalement perdu de vue mais voici qu’un jour, on demande à ma sœur, employée par Air-France où elle faisait fonction d’hôtesse de l’air, de s’occuper tout particulièrement d’un V.I.P. au cours d’un vol Paris-Moscou.

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Le déserteur de l’Altiplano

Je reviens de la mairie de Plouhinec, la gorge un peu serrée car une petite cérémonie très émouvante vient d’y être organisée.

Elle nous ramène à une époque où le monde était si grand et, par voie de conséquence, le voyage une entreprise si exaltante ! Tu vois, nous avons eu la chance insigne de ne pas arriver trop tard pour la connaître, cette aventure, mais on peut dire quand même que c’était vraiment in extremis.

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Censure

Quand ai-je commencé à me battre contre la censure?  Je crois que c’est en terminale, au lycée « La Tour d’Auvergne » de Quimper, où un événement historique m’opposait au prof d’histoire-géo, Max Thomas.

Nous avions en ce temps-là trois profs d’histoire-géo au lycée, trois communistes bon teint.

Evidemment  l’ »histoire officielle »  enseignait à l’époque (1956) que c’était la Wehrmacht  qui avait assassiné les 15.000 officiers Polonais, en particulier dans la forêt de Katyn. Il fallait d’ailleurs l’apprendre par coeur.

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Rhapsodie nantaise

J’aimerais ce soir dédier ce récit à ma petite et si charmante Nicole Dion, de Mouilleron-en-Pareds, morte toute seule à l ‘âge de sept ans, dans la nuit du 6 Janvier 1959, à l’hôpital de Nantes.

Sans doute parce que ce monde n’était alors pas fait pour le séjour des Anges.

Un soir, je lui ai pris la main et je lui ai promis de la guider un jour vers les plus beaux Chemins du Monde mais, le lendemain matin, elle n’était plus là, disparue dans la nuit, refusée à l’aube nouvelle. En emportant ce dernier rêve.

Son vieux médecin qui ne l’a jamais oubliée

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Baïkal-sur-Goyen

Voilà un fabuleux livre, oh que oui ! qui a marqué ma prime jeunesse :

« MICHEL STROGOFF »

Que je vous explique :

Du haut de sa chaire, en ce chaleureux mois de mai, le révérend abbé Sébastien Gougay, supérieur du séminaire de Pont-Croix, soliloquait dans la moiteur printanière d’une « Retraite » à la Sainte-Vierge de six jours.

De temps en temps, il jetait un coup d’oeil à la fois bienveillant, mais de plus en plus intrigué sur l’élève de sixième penché sur son missel… qu’un tremblement de terre n’aurait pu distraire de sa méditation.

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