Ulysse et Nausicaa (nouvelle version)

Mythologie ? Mythomanie ? Quelle différence ?

La mythomanie est aux mythomanes ce que l’eau est à l’océan, une source inépuisable. On trouve des mythomanes partout, même au coin de la rue. Mais, avant de retrouver Ulysse et Nausicaa dans leur vie rêvée, commençons par un autre mythomane célèbre, André Malraux.

« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » Peut-être gardez-vous en mémoire l’aspect et le comportement singuliers de cette étrange sauterelle, de ce coléoptère gesticulant, tressautant et couinant, qu’une personnalité venimeuse et très certainement mal intentionnée avait chargé, en vieux ressentiment de jalousie, d’accompagner le malheureux Jean Moulin au Panthéon.

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Garçonnade

Nous sommes à Kernod. Jean est assis dans l’herbe. Il a adopté l’attitude classique du samouraï vaincu, méditant son prochain seppuku  : jambes croisées, mains sur les genoux, les yeux révulsés. On ne voit que le blanc. D’ailleurs, il fait nuit noire dans le massif de prunelliers voisin. Shinuchi Yuizé accompagne au shyakuhachi (flûte droite en bambou des samouraïs) Yoshiko, qui chante Nara yama sakoura, complainte d’amour, sous les fleurs de cerisier.

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Tahiti 1966: la fête

Le violet du soir sur la mer passe entre mes doigts comme la lourde chevelure mouillée des filles qui viennent de se baigner à la rivière. Et le bleu sombre de la nuit m’émeut comme la senteur capiteuse de ce gardénia de Tahiti qu’on appelle Tiaré parce qu’il est la fleur entre les fleurs.

Albert T’Serstevens / Tahiti et sa couronne

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Tahiti 1966: L’émerveillement

La lente approche de l’émerveillement (galerie photos)
« Mais que donc hantiez-vous si loin, qu’il faille encore qu’on en rêve à en perdre le vivre?» (Saint-John Perse)   Reçu à mon examen d’officier avec le rang très honorable de 229e sur 229, j’étais donc le seul à n’avoir guère le choix de mon affectation. Pour les vingt derniers infortunés, il ne restait guère que Reggane ou In-Ecker au Sahara… et la Polynésie. C’est donc dans ces affligeantes circonstances que l’infortunée lanterne rouge de la promotion 1966 de l’école d’officiers-médecins de Libourne se vit offrir par la République une année de séjour émerveillé, aux frais du contribuable, au pays des beaux Maoris et des vahinés harmonieuses.   Lisez la suite et découvrez toutes les photos…

D’Abou Simbel à Denderah

Parlons un peu de mon héros, Antigone, ce surhomme opposé aux autres Diadoques à la bataille d’Ipsos, Antigone à la tête de son infanterie opposée à une cavalerie extraordinaire qu’on ne verra jamais plus: 500 éléphants de guerre menés par le Séleucide en un tremblement de terre qui ne se produira qu’une seule fois dans toute l’histoire de l’humanité.

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Avenue Papounet

Pierre, dois-je te rappeler que nous sommes le 6 juillet ? Que c’est aujourd’hui que le Tribunal, qui en a fini avec le chef du Gang des Barbares, Youssouf Fofana, va se pencher sur le cas du docteur NO.

Yes, man le docteur NO, alias Papounet, le père NO, chef de la Horde d’or des Grands Anisés, grand protecteur de la couche d’Eau Jaune. Je te remets les faits en mémoire dans toute leur sécheresse…

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Le vagabond perdu de Faré-Uté

(Saynète en quatre actes)

Acte 1, Pont-Croix, avril 1973

Au volant de ma robuste Volvo rouge, framboise écrasée, magnifiquement détendu et impavide selon ma bonne vieille habitude, Je fonce vers Plogoff à la suite d’un appel de routine.

Soudain, au niveau de Lannéon, voici un auto-stoppeur d’aspect fort civil et sympathique, que j’embarque dans la foulée.

  • Alors, comme ça, Vous venez de loin ?
  • Non, non, j’habite Pont-Croix.
  • Ah bah, moi aussi !

C’était un grand bonhomme barbu, plutôt bien alluré, infiniment courtois et avenant, bientôt chaleureux dans le feu d’échanges improvisés à bâtons rompus.

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Pêcheur d’hommes

« Pourquoi, comment, alors qu’il faisait si beau ? Et ce médecin de service qui s’est précipité dès qu’on l’a appelé, a plongé pour tenter d’enrayer le drame, j’aimerais bien savoir qui c’était ! Un médecin qui plonge pour aller secourir quelqu’un, ça c’est un sacré bonhomme ! », s’exclame François, plein d’admiration, revivant, toujours impressionné par les capacités et l’engagement total du médecin, découverts lors de cette scène si étonnante. Après bien des recherches, nous avons retrouvé le fameux médecin de service, remplaçant du Dr. Hascoët, à Plounevez-Lochrist.

(Extrait du livre « Je serai pêcheur d’hommes » de François Mic et Bénédicte Feat)

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Mon père, médecin accoucheur à moto…

Le phare du Millier, photo Ronan Follic

Connaissez-vous le phare du Millier ? A deux pas de Beuzec-Cap Sizun, il est l’un des rares phares « en terre » mais le fait de n’être pas prisonnier de l’océan ne le rendait guère plus accessible, du moins à l’époque. En 1943, c’est à moto que mon père, médecin à Pont-Croix, y fut appelé pour un accouchement des parents Malgorn, en charge du phare.

Cet épisode fut relaté bien longtemenps plus tard, en 1968, dans un article de presse que je viens de retrouver au fond d’un carton. Je ne résiste pas à le partager avec vous…

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