Ulysse et Nausicaa (nouvelle version)

Mythologie ? Mythomanie ? Quelle différence ?

La mythomanie est aux mythomanes ce que l’eau est à l’océan, une source inépuisable. On trouve des mythomanes partout, même au coin de la rue. Mais, avant de retrouver Ulysse et Nausicaa dans leur vie rêvée, commençons par un autre mythomane célèbre, André Malraux.

« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » Peut-être gardez-vous en mémoire l’aspect et le comportement singuliers de cette étrange sauterelle, de ce coléoptère gesticulant, tressautant et couinant, qu’une personnalité venimeuse et très certainement mal intentionnée avait chargé, en vieux ressentiment de jalousie, d’accompagner le malheureux Jean Moulin au Panthéon.

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Garçonnade

Nous sommes à Kernod. Jean est assis dans l’herbe. Il a adopté l’attitude classique du samouraï vaincu, méditant son prochain seppuku  : jambes croisées, mains sur les genoux, les yeux révulsés. On ne voit que le blanc. D’ailleurs, il fait nuit noire dans le massif de prunelliers voisin. Shinuchi Yuizé accompagne au shyakuhachi (flûte droite en bambou des samouraïs) Yoshiko, qui chante Nara yama sakoura, complainte d’amour, sous les fleurs de cerisier.

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Marquises 1967

Panorama de la baie de Taiohaé.

Ma mission aux Marquises reste ce qu’elle a été dans les autres îles polynésiennes au cours des mois précédents: prélever des éléments de la faune et de la flore aux fins d’analyses radiologiques. Mururoa est loin, certes, mais sait-on jamais ?

Mes deux compagnons de missions: Tekurio, l’un de mes trois plongeurs, qui m’a accompagné à bord du Médoc, et Satan, le cheval bien nommé qui m’a été confié sur place, les déplacements aux Marquises ne pouvant s’effectuer qu’en compagnie – et sur le dos – du meilleur ami de l’homme…

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Mururoa 1966

Aldebaran, première expérience nucléaire dans le Pacifique.

A Mururoa, la première expérience nucléaire française a eu lieu le 2 juillet 1966. Médecin militaire, je suis arrivé à Tahiti quelques semaines plus tard avec, pour mission, l’étude de la radioactivité sur la faune et la flore. Avec mon équipe de plongeurs, je me suis sur la plupart des îles (Marquises, Sous-le-Vent, Touamotous, etc.). Ils m’ont accompagné partout pour prélever des échantillons de la faune (poissons, mollusques, crabes) et de la flore (algues, roseaux, fougères, cocotiers, fruits…). Il m’est même arrivé de grimper dans un solide oranger pour en faire tomber les fruits à analyser.

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Tahiti 1966: la fête

Le violet du soir sur la mer passe entre mes doigts comme la lourde chevelure mouillée des filles qui viennent de se baigner à la rivière. Et le bleu sombre de la nuit m’émeut comme la senteur capiteuse de ce gardénia de Tahiti qu’on appelle Tiaré parce qu’il est la fleur entre les fleurs.

Albert T’Serstevens / Tahiti et sa couronne

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Tahiti 1966: L’émerveillement

La lente approche de l’émerveillement (galerie photos)
« Mais que donc hantiez-vous si loin, qu’il faille encore qu’on en rêve à en perdre le vivre?» (Saint-John Perse)   Reçu à mon examen d’officier avec le rang très honorable de 229e sur 229, j’étais donc le seul à n’avoir guère le choix de mon affectation. Pour les vingt derniers infortunés, il ne restait guère que Reggane ou In-Ecker au Sahara… et la Polynésie. C’est donc dans ces affligeantes circonstances que l’infortunée lanterne rouge de la promotion 1966 de l’école d’officiers-médecins de Libourne se vit offrir par la République une année de séjour émerveillé, aux frais du contribuable, au pays des beaux Maoris et des vahinés harmonieuses.   Lisez la suite et découvrez toutes les photos…

Dans les rues de Sanaa

Au commencement la terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme… Mais l’Esprit de Dieu planait sur les eaux.

Il avait plu, il avait plu, mais plu comme jamais, du Bab-El-Mandeb, la grande porte des pleurs, jusqu’à l’Hadramaout, et le Rub-Al-Khali, ce farouche désert de pierres et de sable, où l’implacable soleil brisait les rochers les plus durs. Toute la terre avait sombré au sein d’un océan sans limites.

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D’Abou Simbel à Denderah

Parlons un peu de mon héros, Antigone, ce surhomme opposé aux autres Diadoques à la bataille d’Ipsos, Antigone à la tête de son infanterie opposée à une cavalerie extraordinaire qu’on ne verra jamais plus: 500 éléphants de guerre menés par le Séleucide en un tremblement de terre qui ne se produira qu’une seule fois dans toute l’histoire de l’humanité.

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Mon amie la momie

Tout le monde ne communique pas avec les anciennes divinités. Il faut connaître le code et savourer ces moments comme une fabuleuse ivresse échappant à tout contrôle. C’est ainsi que, dans le reflux d’un infini ressac d’éternité, une momie de trois-mille ans viendra vers nous, à notre rencontre, du fond du désert libyque, émergeant des sables d’un ancien mastaba ruiné.

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Egypte, dans l’intimité des Rois

Ces clichés 24×36 ont été pris avec un appareil Leicaflex SL sur de la pellicule argentique Kodachrome 25. La qualité exceptionnelle des détails et de la couleur tient en particulier au fait que je n’ai pas utilisé de flash grâce à deux de mes guides, qui avaient confectionné des panneaux réfléchissants permettant de relayer la lumière du jour jusque dans le coeur des tombeaux. De plus, nombre des sites photographiés ne sont désormais plus accessibles. Cette galerie constitue donc un véritable document.

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Retour forcé à Assab

Allongé à plat ventre sur le château arrière de notre boutre, me voici bien occupé à régler mon vaillant téléobjectif Leica de 180 mm braqué sur le port d’Assab qui se profile à l’horizon, ainsi que sur la côte éthiopienne déclarée zone de guerre et qui comme toute chose interdite, excite ma curiosité au plus haut point.

Ce matin, non sans un incontrôlable serrement de cœur, nous avons quitté les eaux territoriales françaises à Raz-Doumeira et salué le bouquet de palmiers-doum, plantés jadis sur le Cap-Raheita par ce grand seigneur local de la flibuste: Henry de Monfreid.

Ça y est, au poil, j’ai la grande mosquée d’Assab dans le viseur, je vais appuyer sur le déclencheur de prise de vues, mais voici qu’une main vigoureuse m’empoigne l’épaule gauche et me secoue frénétiquement. Je me retourne, furieux. C’est Guy de La Venne, le septième membre de notre groupe de douze, le visage décomposé, qui me lance affolé:

  • Regarde ce qui nous arrive dessus !

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Aventures aux îles Hanish

Allongé à plat ventre sur le château arrière de notre boutre, me voici bien occupé à régler mon vaillant téléobjectif Leica de 180 mm braqué sur le port d’Assah qui se profile sur l’horizon, sur la côte éthiopienne déclarée « zone de guerre ».

Ce matin, et ce non sans un incontrôlable serrement de cœur, nous avons quitté les eaux territoriales françaises à Raz-Doumeira et salué le bouquet de palmiers-doum, plantés jadis sur le Cap-Raheita par ce grand seigneur local de la flibuste: Henry de Monfreid.

Ça y est, j’ai la grande mosquée d’Assab dans le viseur, je vais appuyer sur le déclencheur mais voici qu’un main vigoureuse m’empoigne l’épaule gauche et me secoue frénétiquement. Je me retourne furieux. C’est le septième membre de notre groupe, le visage décomposé, qui me lance affolé : « Regarde ce qui nous arrive dessus ! »

Je me redresse et aperçois sur tribord un garde-côtes à la mine patibulaire…

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Les années lointaines

Raoul à 3 ans

En dépit de l’amour profond que me portaient mes parents, j’errais au fil de l’eau, assez abandonné à moi-même je le sais bien, que voulez-vous, c’était inévitable, compte tenu des circonstances. Mais c’est ainsi qu’il me parut un jour tout à fait raisonnable d’entrer dans la voie de la «collaboration». Avais-je d’ailleurs d’autre choix en cette solitude quotidienne d’une prime jeunesse enfuie?

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Patagonie: la Tragédie humaine

Un Yaghan sur les îles Wollaston, photo du commandant Martial, 1882

Le vent du Horn ravageait la nuit. Il reprenait de la vitesse, brisée par la Cordillère Darwin sur ces terres de l’île Grande à peine ondulées. Il allait aborder la Patagonie australe où s’épanouirait enfin toute sa puissance. Et il irait mourir aux portes de Buenos-Ayres dans un dernier hoquet de pampero.

On entendait venant des profondeurs australes, le Vent du Horn qui poussait sa vague ravageuse, toute pareille à ces lames qui viennent dominer le château arrière des grands voiliers aventurés sous ces latitudes grondantes, soulèvent la coque, tiennent pendant quelques secondes toutes choses en équilibre entre la vie et la mort, et puis s’en vont on ne sait où.

« La nuit commence au Cap Horn », Saint-Loup

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Monsieur Henri, cuisinier français

  • Je vous présente notre cuisinier frances, Monsieur Henri.

Nous ne l’avions pas entendu venir, de sa démarche silencieuse et feutrée. En forêt, nous n’avions pas eu la chance de croiser El Tigre, le jaguar. Devais-je d’ailleurs le regretter, moi qui ne faisais déjà pas le poids devant un coati, un pissote!

Cet homme n’était pas sans évoquer El Tigre, comme disaient les arpenteurs de brousse. Comment expliquer ce sentiment insolite qui paraissait faire partie de son être intime ? Certes, il n’était plus très jeune mais était grand, sec, plutôt maigre pour un cuisinier, avec un regard d’oiseau de proie, véritable regard de feu, qui accentuait encore le malaise. Même son patron, Folco Lulli, accusait le coup.

Monsieur Henri s’attarda un peu auprès de nous, donna quelques explications sur la cuisine locale, refusa avec courtoisie le verre de cabernet sauvignon qu’on lui proposait et prit congé en inclinant légèrement le buste et en claquant presque des talons.

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Dieu est un grand jaguar

Tezcatlipoca

Oui, Dieu est un grand jaguar qui, le soir venu, hante les rives du fleuve Usumacinta. Le panthéon aztèque célèbre quatre dieux principaux, dont Tezcatlipoca, omnipotent et omniprésent. Associé au ciel nocturne, à l’endroit où sa jambe droite avait été sectionnée par les dents du Monstre de la Terre, il portait un miroir fumant d’obsidienne. Ennemi d’Huitzilopochtli, c’était un grand jaguar dont la peau tachetée ressemblait au ciel étoilé et lui couvrait en permanence les épaules.

Dieu de la Nuit, patron des brigands de grands chemins, des sorciers et des choses mystérieuses, il apparaissait au sein de l’ombre, sous la forme d’un jeune homme décapité avec dans la poitrine, deux portes de bronze qui s’ouvraient et se fermaient en émettant un bruit semblable à celui de la hache qui abat un arbre.

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Feu l’archange Michael

Et voilà Bernard qui s’énerve au Cambodge. Ce sont sûrement les touffeurs de la mousson. Tu te souviens, Bernard du paysage aztèque / Des prés où poussaient drus la mangue et l’ananas / Des singes, répandant tout le sang des pastèques / Et du blond Empereur qu’on fusilla là-bas ?

Ici aussi l’ambiance reste chargée d’électricité depuis l’annonce de la mort de Michael Jackson, qui nous laisse « tragiquement inconsolables ». On dit maintenant qu’on l’a assassiné. Carrément. Eh oui. Et ce serait son toubib l’assassin. En bref, voici l’histoire. Et elle n’est pas piquée des vers.

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Avenue Papounet

Pierre, dois-je te rappeler que nous sommes le 6 juillet ? Que c’est aujourd’hui que le Tribunal, qui en a fini avec le chef du Gang des Barbares, Youssouf Fofana, va se pencher sur le cas du docteur NO.

Yes, man le docteur NO, alias Papounet, le père NO, chef de la Horde d’or des Grands Anisés, grand protecteur de la couche d’Eau Jaune. Je te remets les faits en mémoire dans toute leur sécheresse…

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Le vagabond perdu de Faré-Uté

(Saynète en quatre actes)

Acte 1, Pont-Croix, avril 1973

Au volant de ma robuste Volvo rouge, framboise écrasée, magnifiquement détendu et impavide selon ma bonne vieille habitude, Je fonce vers Plogoff à la suite d’un appel de routine.

Soudain, au niveau de Lannéon, voici un auto-stoppeur d’aspect fort civil et sympathique, que j’embarque dans la foulée.

  • Alors, comme ça, Vous venez de loin ?
  • Non, non, j’habite Pont-Croix.
  • Ah bah, moi aussi !

C’était un grand bonhomme barbu, plutôt bien alluré, infiniment courtois et avenant, bientôt chaleureux dans le feu d’échanges improvisés à bâtons rompus.

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Une étrange rencontre sur le Zocalo de Villa Hermosa

  • Désirez-vous un peu de champagne avec votre caviar ?

Penchée sur Bernard et Geneviève, l’hôtesse de l’air d’Aeroméxico sollicitait avec une déférence d’un autre temps l’attention des hôtes, à une époque où les transports aériens ne s’étaient pas encore démocratisés.

Axayacatl, empereur aztèque de 1469 à 1479

Le Boeing 777 venait depuis seulement quelques heures de quitter Paris-Charles-de-Gaulle et nous n’appartenions déjà plus à ce monde car nous avions la troublante impression que le pays de Moctezuma-Xocoyotzin, Le Seigneur de la Maison de l’Aurore, allait soudain nous sauter à la gorge avant de nous coucher sur le Chaac-Mool du temple d’Huitzilopochtli à Tenochtitlan, et de nous offrir une place, notre place, sur le Tzompantli sacré d’Axayacatl.

Comment ne pas ouvrir ici une parenthèse, destinée d’emblée à vous mettre dans l’ambiance du Mexique ancien ?

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Avec Bernard à Palenque

Bernard, mon vieil ami Bernard est mort ce matin en cueillant des roses dans son jardin. Cette mort est survenue de manière si soudaine qu’elle lui a évité désespoir et inutile souffrance

Cher Bernard, comment cette amitié de plus d’un demi-siècle a-t-elle pu germer, se développer et se maintenir tout au long de ces merveilleuses années ? Je crois que je le sais, moi.

C’est Alberto qui m’a fait craquer, Alberto, cet homme au destin extraordinaire avait scellé notre groupe pour la vie, jusqu’à ce jardin de roses au soleil levant, et l’ombre qui guette, sournoise derrière un massif de rhododendrons.

Le Chevalier, la Mort et le Diable / Albrecht Dürer

Bernard, Alberto et Raoul, c’était un peu Le Chevalier, la Mort et le Diable d’Albrecht Dürer, et surtout et, surtout, ne commencez pas à chercher qui est qui.

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Pêcheur d’hommes

« Pourquoi, comment, alors qu’il faisait si beau ? Et ce médecin de service qui s’est précipité dès qu’on l’a appelé, a plongé pour tenter d’enrayer le drame, j’aimerais bien savoir qui c’était ! Un médecin qui plonge pour aller secourir quelqu’un, ça c’est un sacré bonhomme ! », s’exclame François, plein d’admiration, revivant, toujours impressionné par les capacités et l’engagement total du médecin, découverts lors de cette scène si étonnante. Après bien des recherches, nous avons retrouvé le fameux médecin de service, remplaçant du Dr. Hascoët, à Plounevez-Lochrist.

(Extrait du livre « Je serai pêcheur d’hommes » de François Mic et Bénédicte Feat)

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Mon père, médecin accoucheur à moto…

Le phare du Millier, photo Ronan Follic

Connaissez-vous le phare du Millier ? A deux pas de Beuzec-Cap Sizun, il est l’un des rares phares « en terre » mais le fait de n’être pas prisonnier de l’océan ne le rendait guère plus accessible, du moins à l’époque. En 1943, c’est à moto que mon père, médecin à Pont-Croix, y fut appelé pour un accouchement des parents Malgorn, en charge du phare.

Cet épisode fut relaté bien longtemenps plus tard, en 1968, dans un article de presse que je viens de retrouver au fond d’un carton. Je ne résiste pas à le partager avec vous…

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Mystérieux touriste allemand à Ceylan

C’est vrai qu’on ne peut pas comparer Bali à Ceylan mais je dois dire que, personnellement j’ai de beaucoup préféré Ceylan. Bali est une petite île, certes, un petit paradis, hormis les discothèques de Denpasar, quand elles sautent ! Ceylan est un univers d’une prodigieuse richesse. Je ne vais pas m’attarder, une anecdote seulement que j’ai gardée en mémoire…

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Repas catalan

Le si étrange pays de Carlos Puygdemont ! Mon Dieu ! Les Catalans ! C’est simple, ils sont tous surexcités-frénétiques, pratiquement tous. Eh oui !

J’ai même entendu un barbu déchaîné qui criait au complot. S’adressant à une serveuse soucieuse de le calmer : «No me quiebres el culo, guapa, si Valls est élu maire de Barcelone, il fera venir Hollande pour être président de la Catalogne, claro que si!»

Je dois dire que la plongée profonde au sein de l’univers autonomiste catalan venait de me donner un grand coup de jeune, dans le style des aventures de Jack Palmer au sein de l’Affaire corse. Un invraisemblable sympathisant m’avait introduit au débotté dans une taverne borgne, non pardon : louche, métamorphosée en repaire autonomiste.

Mais quelle soirée ! Quelle soirée !

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Polynésie, le goût du malheur

Mon grand-père, Joseph Jacq, et deux autres officiers étaient assis au bout de la plage, sur un petit appontement qui affrontait le grand cercle luisant de la mer dormante. Jamais la béatitude n’avait exulté davantage qu’à cet instant mais le sentiment de leur solitude infinie, de leur insularité était sur eux. Mon grand-père parlait à phrases rompues de cette douceur de l’île, si envoûtante, si lourde à porter cependant, où l’on sentait toujours, malgré tout, comme un vide, une absence, un trou dans le bonheur, que rien ne parvenait à combler. Les Maoris aussi sentaient cela.

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